Les missions commerciales d'Équipe Canada font la promotion de l'investissement direct à l'étranger en mettant les entreprises extractives canadiennes en contact direct avec des hauts fonctionnaires de pays étrangers. Dans certains cas, ces tournées commerciales éclair préparent le terrain à de lucratifs contrats miniers, pétroliers et gaziers qui sont une menace pour les populations locales.
En 1998, une petite société minière peu connue, la Manhattan Minerals Corp., a participé à une mission gouvernementale canadienne axée sur le commerce et l'investissement en Amérique latine. L'année suivante, le gouvernement Fujimori corrompu du Pérou octroyait à la compagnie des concessions minières totalisant 10 000 hectares. Comme la zone couverte par ces concessions était située à proximité de la frontière équatorienne, Manhattan devait d'abord obtenir diverses autorisations gouvernementales spéciales. Or la compagnie n'a jamais obtenu les autorisations requises, mais elle n'en est pas moins allée de l'avant dans ses activités d'exploration.
La concession de Manhattan incluait la ville de Tambogrande, dans la vallée de San Lorenzo. Cette région, véritable oasis le long de la côte désertique du Pérou, avait été transformée un important centre agricole grâce à l'installation d'un système d'irrigation financé par la Banque mondiale. On y produit actuellement 40 pour cent des limes et 38 pour cent des mangues du pays. La population locale, dont la subsistance dépend de l'agriculture, s'est inquiétée des ressources locales en eau limitées et de la contamination causée par l'extraction de l'or. La municipalité a tenu un référendum sur l'activité minière – le premier référendum du genre au monde – sous la surveillance d'observateurs internationaux. Le scrutin a démontré une opposition quasi unanime au projet de mine.1 Le référendum de Tambogrande, qui a joué un rôle capital dans l'arrêt du projet, a inspiré depuis ce temps d'autres communautés menacées par des projets miniers.2