Fiche d'information : 7

Règles commerciales

Auteur
Réseau canadien sur la reddition de comptes des entreprises
Publié
Ottawa, mai 2007
Traduction
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Grâce à divers accords commerciaux multilatéraux, régionaux et bilatéraux, le gouvernement du Canada a créé des droits sans précédent pour le secteur privé. Ces droits ont été établis dans le cadre de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Les dispositions relatives au règlement des différends entre investisseurs et État qui apparaissent à l'article 11 de l'ALENA donnent aux entreprises le droit de poursuivre les pays signataires s'ils prennent des mesures législatives qui ont pour effet de diminuer les revenus escomptés des entreprises. En vertu de cette interprétation très élargie de la notion d'expropriation, les gouvernements doivent indemniser les investisseurs si ces derniers peuvent démontrer qu'il y aura des conséquences négatives pour leurs revenus.

Ces dispositions créent un contexte de stabilité favorable aux investisseurs transfrontaliers. Elles créent aussi une paralysie réglementaire du fait qu'elles rendent les gouvernements réticents à adopter des lois et des règlements qui apporteraient une meilleure protection environnementale et sociale mais qui pourraient obliger le secteur privé à engager des coûts additionnels. Les gouvernements craignent que les entreprises puissent contester ces dispositions réglementaires au motif qu'elles diminuent la profitabilité de leur investissement. Si une entreprise remporte une contestation en vertu de l'article 11, ce sont les contribuables du pays signataire de l'ALENA perdant qui doivent payer la note. Des dispositions de la même nature que l'article 11 de l'ALENA sont devenues la norme dans la plupart des accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux, y compris le nouvel Accord de libre-échange entre le Canada et l'Amérique centrale.

Étude de cas

Glamis Gold en Californie

La compagnie Glamis Imperial Corp., une filiale de la compagnie canadienne Glamis Gold Ltd., projetait de creuser trois énormes puits à ciel ouvert dans le cadre de son projet minier de l'Imperial County, en Californie. Ces puits étaient situés à proximité d'un parcours spirituel sacré pour la tribu amérindienne Quechua.

En 2000, sous l'administration Clinton, le U.S. Department of Interior a émis de nouvelles normes minières protégeant les sites sacrés. Glamis a intenté une action en justice devant la Cour de district américaine de Reno, au Nevada, pour contester ces nouvelles normes1. En dernier ressort, l'administration Bush a renversé la politique de Clinton, ouvrant la porte à l'exploitation minière dans des sites sacrés.

En 2003, l'État de la Californie a adopté une loi rendant obligatoire la restauration à l'état d'origine, par des travaux de remblayage, des sites de mine métallifère situés à proximité de sites autochtones sacrés. Glamis a soutenu que cette exigence rendait son projet de mine non viable économiquement.2 Glamis a poursuivi le gouvernement américain en vertu de l'article 11 de l'ALENA, réclamant un remboursement pour le terrain acquis (15 millions de dollars) et pour la perte de profit escomptée (35 millions de dollars)3. L'affaire suit son cours.

En 2006, Glamis passait aux mains de la compagnie canadienne Goldcorp Inc.4

Notes
  1. Glamis Gold Ltd. « News Release: Glamis Gold Lawsuit Challenges New Standards from U.S. Department of Interior on Imperial Project Permitting ». 14 avril 2000. Disponible en ligne à http://web.archive.org/web/20010306155223/http://glamis.com/pressreleases/2000/apr14-00.pdf Back to text
  2. Friends of the Earth & Oxfam. « Glamis Gold: A Case Study of Investing in Destruction ». 2004. Disponible en ligne à http://web.archive.org/web/20040728184659/http://www.oxfamamerica.org/pdfs/glamis_en.pdf Back to text
  3. Glamis Gold Ltd. « Notice of Arbitration under NAFTA, Glamis Gold vs. The Government of the United States ». 9 decembre 2003. Disponible en ligne à http://www.state.gov/documents/organization/27320.pdf Back to text
  4. Gray, John. « Gold handshake: Goldcorp's Glamis takeover ». Canadian Business, 11-24 septembre 2006. Back to text
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